Le Dr Sébastien Guigou, chirurgien ophtalmologiste au Centre AIX VISION, coordonne une étude à paraître dans BMC Ophthalmology consacrée à la prise en charge du glaucome néovasculaire par CEaP (Combined Endoscope-Assisted Procedures). Une approche permettant d’agir au cours d’un même temps opératoire sur deux composantes majeures de cette pathologie : l’ischémie rétinienne et l’élévation de la pression intraoculaire.
Une pathologie complexe à prendre en charge
Le glaucome néovasculaire est une forme sévère de glaucome secondaire. Il est notamment associé à une ischémie importante de la rétine, responsable du développement de nouveaux vaisseaux anormaux au niveau de l’iris et de l’angle iridocornéen. Cette néovascularisation peut perturber l’évacuation de l’humeur aqueuse et entraîner une augmentation importante de la pression intraoculaire.
Sa prise en charge nécessite donc de traiter à la fois la cause ischémique rétinienne et l’hypertonie oculaire.
C’est précisément l’objectif de la technique CEaP étudiée dans ce travail.
Associer plusieurs gestes au cours d’une même intervention
La procédure associe notamment une vitrectomie, une photocoagulation panrétinienne et une cyclophotocoagulation endoscopique.
L’utilisation de l’endoscopie permet au chirurgien de visualiser directement les procès ciliaires et d’adapter le traitement laser sous contrôle visuel. L’objectif est de cibler plus précisément les tissus tout en limitant les dommages collatéraux.
Dans cette étude rétrospective, les données de 30 patients pris en charge au Centre AIX VISION ont été analysées. Les interventions chirurgicales de cette série ont toutes été réalisées par le Dr Sébastien Guigou.
Une diminution de 62 % de la pression intraoculaire à six mois
Les résultats montrent une diminution importante de la pression intraoculaire moyenne :
41,8 mmHg avant l’intervention, contre 15 mmHg à six mois, soit une réduction moyenne de 62 %.
L’étude retrouve également une diminution significative de la douleur ainsi que du recours aux traitements antiglaucomateux. L’acuité visuelle, quant à elle, n’a pas présenté de modification statistiquement significative.
Aucune complication peropératoire n’a été rapportée. Les complications observées après l’intervention ont été prises en charge sans séquelle à long terme dans cette série.
Ces premiers résultats suggèrent ainsi que la CEaP pourrait constituer une stratégie intéressante pour prendre en charge simultanément l’ischémie rétinienne et l’élévation de la pression intraoculaire chez certains patients atteints de glaucome néovasculaire. Les auteurs soulignent néanmoins la nécessité de poursuivre les travaux sur des cohortes plus larges et avec un suivi prolongé.
Cette publication est le fruit d’un travail collectif mené avec les Drs Margaux Ismedon, Maxime Desira, Laurent Coupier, Prithvi Ramtohul et Thierry David, aux côtés du Dr Sébastien Guigou.
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